Popper 5° feuillet a






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Notre philosophe anti cartésien quand il voit la réalité nié par les progrès de la science physique se comporte pourtant comme Descartes: Pas question de nier la réalité. Il est comme St-Thomas qui ne croit que ce qu'il voit; La réalité c'est le bon sens. Il n'aurait sans doute jamais accepter de travailler comme expert de l'ONU. Il est prêt à abandonner son propre rationalisme critique tant il est bouleversé par l'avancée de la science.



Il ne faut pas, il ne faut pas. Les différences entre lui et Descartes ont été étudiées dans les moindres détails. Si le rationalisme critique est abandonnée, si l'induction dans les sciences sociales et économiques, conduite à l’échelle mondiale ne donnent pas les conjectures permettant d'affronter la météo: que deviendrons-nous?




Descartes a bien écrit le discours de la méthode mais ce n’était pas pour la science c’était pour démontrer l'existence de Dieu. On a la une différence fondamentale avec Popper juif d'origine dans une famille convertie au protestantisme et agnostique dans sa vie d'adulte. Pour l'un le rationalisme de l'esprit est un don de Dieu tandis que pour l'autre il est le résultat, certain disent darwinien, de l'affrontement des conceptions scientifiques et de leur vérification. Un océan les sépare. Seule la tolérance les rapproche.




Le problème est que Descartes garde une influence gigantesque sur notre vie quotidienne. Il est utilisé chaque jour par les bureaux d’étude de l'EDF qui ont mis 19 milliards dans l'EPR et qui ne se rendent même pas compte que le cartésianisme avec lequel ils défendent l’électricité d'origine nucléaire est incompatible avec la théorie atomique mise en œuvre dans les centrales. On vient de voir Popper se marginaliser parce qu'il n'acceptait pas la science moderne idéaliste de la matière formée d'ondes et de corpuscules. Voici qu'on tombe au contraire sur des techniciens qui mettent tous les jours en œuvre cette même théorie moderne de la matière alors qu'il en sont réduits a du rationalisme bourgeois de bon sens pour se positionner en face des énergies renouvelables et de l’hydrogène. La science a profondément changé dans un discours de vulgarisation qui ne parvient pas à englober les enjeux du problème.



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   Popper disant (conférence de 1975 à l’université de Salzburg) La réponse a ma question, "quelle chance avons nous de discerner nos erreurs et de les éliminer?"me semble être la suivante:"par la critique des théories et des conjectures d'autres que nous et par la critique de nos propres théories et essais spéculatifs de solution"...Réponse résumant une conception que l'on peut représenter sous le nom de "rationalisme critique". Mode d'intuition, attitude et tradition dont nous sommes redevables aux Grecs. Elle se distingue fondamentalement du "rationalisme" ou de "l'intellectualisme" proclamés pas Descartes et son école, même de la théorie kantienne de la connaissance.

 

Descartes est accusé de vouloir tout définir par en haut et non par en bas au fur et à mesure que les choses se présentent empiriquement Descartes embourbés dans ses méditations métaphysiques sépare l’âme du corps tandis que chez Popper l'homme tout entier corps et âme font partie de la nature. Nous voici revenu au mot que nous utilisons le plus fréquemment en écologie, la nature. Donc Descartes rationaliste n'est pas matérialiste, tandis que le rationalisme critique de Popper affirme haut et fort que l'homme et la nature ne font qu'un. On pourrait statuer que dans les discussions internationales sur le réchauffement climatique vient de se dévoiler un nouvel aspect bien connu du public, qui pourrait être un joker dans la discussion mondiale.

 

Le monde sort de la pandémie. La génétique est un terrain de revanche pour Popper. Lui qui est marginalisé par l'évolution fulgurante de l’idéalisme philosophique, a par hasard, sur l'invitation du prix Nobel de médecine, français, Jacques Monod, trouvé un terrain dans lequel la réalité est à nouveau incontestable. En mettant à part l'infiniment petit, il existe un consensus global sur l'existence des êtres humains que les negateurs de la realité de la matière n'ont pas encore reussi a transformer en zombie. Ainsi le materialisme relève la tete, et Popper retrouve un terrain d'experience.



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Il est habile d'ailleurs. Depuis l'enfance il connaît et suit de près la carrière de son ancien camarade de classe, Konrad Lorenz le fondateur de l'éthologie. Tous les deux, Lorenz et Popper sont passionnés de Darwin. L’évolution des espèces n'est pas une théorie falsifiable c'est a dire sujette à expérimentations mais les expériences de Lorenz sur la survie des animaux, les dominants et les dominés, laissent à penser qu peut être un jour on saura comment se comporte à son tour l’espèce humaine. Le génome est un des enjeux des biens publics. Il y a de bonnes raisons d'en interdire l'appropriation à commencer par le fait que c'est sans doute une manipulation de l'ARN qui a provoqué l’épidémie partie de Wuhan en Chine, dont le monde se remet à peine.

 

Dans le livre de Monod "le hasard et la nécessité", Popper a vu aussi une revanche sur les physiciens développeur de la théorie quantique. Il a pensée que les calculs statistiques qui en physique quantique reposaient sur la négation de la réalité trouvaient une revanche dans l'apparition de la vie sur terre qui selon l'estimation de Monod avait une chance infime de se produire. La probabilité dans ce cas avait donné naissance a la réalité. Quelle spectaculaire inversion! Et le calcul statistique en économie ne repose t il pas aussi sur les probabilités des comportements des agents économiques?

 

C'est un nouvel argument dans notre plaidoyer pour le retour au rationalisme critique et son application aux sciences sociales de telle sorte que la société qui tend vers la clôture avec un échange d'informations de plus en plus pauvre retrouve le chemin de l'expansion,  le chemin dessiné par Popper dans la société ouverte (quoique malheureusement avec un historicisme qui ne voit l'histoire que dans uns seul sens). L'histoire devra un jour se plier aux lois de la matière. Elle a commencé d'ailleurs un peu à devenir statistique. Considérez l’histoire du christianisme comme nous le demande certains hommes politiques par peur de l'islam et malgré que le christianisme débouche sur un immense scandale de pédophilie: n'est il pas le terrain idéal de l’expérience d'un retour en arrière vers le concile qui a interdit la prêtrise aux femmes? Je crois que l'histoire apprendra a se defaire et que les palestiniens retrouveront une patrie.

 

Pour finir ce feuillet j'aimerais revenir sur l'expérience qui est au cœur de l'immense expansion de l’idéalisme en philosophie qui nie l'existence de la matière et l'orientation de la flèche du temps. Je veux revenir à ce point parce qu'elle vient d'un grand esprit allemand qui en fait la description. Il s'agit de Goethe et de la théorie des couleurs. Or ce sont les couleurs qui après avoir été décomposées par la physique pour être transformées en longueur d'onde, rendent le monde immatériel. Le changement de perception du monde est expliqué sur le plan philosophique, par le physicien  Werner Heisenberg. Pendant la 2° guerre mondiale Heisenberg devient le directeur de la recherche scientifique des nazis à Berlin. De son coté Popper comme tous les antifascistes n’a d’yeux que pour Einstein qui s’est installé aux USA et développe le projet Manhattan de construction de la bombe atomique. Donc on peut dire que le changement de vision du monde du réel au virtuel passe inaperçu. Nous le vivons tous les jours a travers nos téléphones portables et nos télévisions. Le virtuel fait aussi l’objet d’un produit commercial spécial qui à travers un masque permet comme dans les jeux électroniques de ne jamais voir ce qui est réel. Attention, mon admiration pour Heisenberg ne signifie pas que je sois partisan d’Hitler. Je veux simplement faire comprendre qu’un problème réel (comme le réchauffement climatique) dans un monde virtuel (à la conquête de l’espace) exige de la relativité qu’elle s’étende de la physique aux sciences sociales et économiques.



                Mélèze