Popper 7°feuillet

 

 

 

 

 

 

 

 


 



 

Ici il me faut faire le procès de Platon. Le nombre de passages dans "la société ouverte et ses ennemis" ou Popper démontre que la philosophie de Platon consiste à abandonner la démocratie pour préférer un gouvernement d'aristocrates, sont tellement nombreux que je ne peux pas tous les citer. Alors que Platon est célèbre pour son récit du procès de Socrate, c'est maintenant au 21° siècle, que le disciple, Platon, passe à son tour en procès pour son mythe de la caverne. C'est dans "la république". C'est le même livre qui condamne la démocratie pour impuissance, puis qui fonde l'idéalisme philosophique pour 25 siècles . 

 


 

     Chez Platon les objets n’existent pas. Nous n’en avons que des représentations. On peut dire que ce philosophe grec est le premier à noter la préférence de l’humanité pour le virtuel. Depuis sa philosophie et son mythe de la caverne, nous sommes prisonniers d’un monde virtuel, un monde de représentation qui ne cesse de croître. 

 


 

   Mythe de la caverne

 

Dans une « demeure souterraine », en forme de caverne, des hommes sont enchaînés. Ils n'ont jamais vu directement la source de la lumière du jour, c'est-à-dire le soleil, dont ils ne connaissent que le faible rayonnement qui parvient à pénétrer jusqu'à eux. Des choses et d'eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne par un feu allumé derrière eux. Des sons, ils ne connaissent que les échos. Pourtant, « ils nous ressemblent », observe Glaucon interlocuteur de Socrate dans le livre VII de la République.

 


 

C’est ainsi qu’une écrivaine américaine de science fiction Karen Russell,imagine qu’on reconstitue le monde d’avant au moyen de la réalité virtuelle. On ne connaît le vert, la forêt, les arbres qu'à travers des écrans étant donné que la ville de Portland a été rayée de la carte par la hausse du niveau de la mer et que toutes les forêts alentour ont brûlé.

 


 

Regardez autour de vous, considérez les atomes. Vous ne les avez jamais vus Les réactions atomiques vous ne les connaissez pas. Tout est enfermé dans une analyse mathématique qu'il a fallu expérimenter ultérieurement. Et pourtant le réchauffement climatique, ou plus généralement les atteintes de la météorologie sur les activités humaines sont réelles pendant que l’énergie nucléaire également réelle se présente en énergie décarbonée indispensable a la lutte contre la pollution alors qu'en réalité sans nucléaire militaire il n'y aurait pas de nucléaire civil, et que le nucléaire militaire est le plus gros moteur de l’idéalisme philosophique, puisqu'en effet, il n'est imaginable (on ne peut l’imaginer que) dans une réalité virtuelle tellement les dégâts qu'il causerait a la terre seraient immenses.

 


 

Aujourd'hui tous les soldats du monde sont enfermés dans une caverne. Ils utilisent des appareils comme les camera, les GPS, pour voir a travers des masques des formes non humaines, comme chez Platon, des ombres. Le corps humain lui même est transhumanisée.

 


 

Relire Platon n'est pas amusant. Tout est vieillot la dedans sans aucune adaptation possible à un monde moderne plein de téléphones portables et d'ordinateurs. En général les livres de Platon sont des dialogues dans lesquels Socrate bat à plate couture ses adversaires en les retournant en sa faveur les uns après les autres. Socrate est ennuyeux. Dans bien des cas, il ferait mieux de se taire car nous partageons l’opinion de Popper qu’il empêche son créateur Platon de s’exprimer de façon plus explicite.

 


 

C'est tout a fait surprenant que l’idéalisme philosophique n'ait jamais eu un autre héros que Platon. En ce debut du XX°siècle Karl Popper a longuement étudié la question. Il mentionne des philosophes et des physiciens, par exemple la série Hobbes, Hume, Kant et Einstein (p 199 la théorie quantique et le schisme en physique). C'est Einstein avec sa théorie générale de la relativité qui au 20° siècle détient tout le poids de l’idéalisme philosophique (qu'il ne partage pas) mais avec lequel il est bien obligé de composer. On constate alors que la philosophie n'a plus jamais produit une œuvre d'ensemble défendant le monde des représentations .

 


 

 Bien que les avancées dans des univers tels que l'infiniment grand (conquête de l'espace) et l'infiniment petit (décryptage du génome, niveau moléculaire et non atomique), ou la sensibilité des hommes ne joue plus aucun rôle, et bien que nos universités soient pleines de philosophes idéalistes aucun n'a eu l'envergure de les unifier dans un éloge du virtuel, une actuelle théorie de la connaissance

 


 

Au contraire, on ne dirait pas que c'est l’idéalisme qui triomphe, on dirait que ce sont les adversaires de l’idéalisme qui ont cessé de l'attaquer. Pendant longtemps la philosophie s'est structurée autour des systèmes. Popper par exemple est un utilisateur abusif des "ismes" pour stigmatiser les systèmes avec lesquels il n'est pas d'accord.  Mais laissons la cette façon de s'exprimer généralement inaudible et prenons en considération les convention de parties organisées par l'ONU pour regretter qu'il n'existe pas justement de système.

 

 

 

Arrêtons nous quelques instants pour regarder,l'inaction, l'immobilité, voir le désintérêt du système mondial pour ses adhérents pauvres et nécessiteux qu'il appelle "loss and dammage" Ne devrait-il pas à l'inverse être au moins honnête et reconnaître qu'il a semé la guerre et la zizanie partout ou la zone sahélienne s'est étendue. Les tribus sont explosées, partagées en états opposés, les religions s'affrontent. L’Éthiopie est en feu. La guerre s’étend de la Somalie à la Côte d'Ivoire parcourant a l'inverse de la mission Griaule, l'Afrique d'est en ouest. L'ONU devrait être  comme ces enfants chinois a qui on interdit d'utiliser des jeux informatiques pendant plus de deux heures par jour, car elle voit tout a travers une réalité virtuelle, idéale, de gouvernements responsables sérieusement engagés dans leurs frontières a faire quelques broutilles pour la biodiversité ou les énergies renouvelables.

 


 

Vraiment l'ONU voit le monde depuis une caverne sous la forme de la représentation que lui en font les lobbies. Les délégués, les militants n'y peuvent rien changer. Longtemps il y a eu un PNUE qui siégeait à Nairobi au Kenya et qui etait dirigé par un germano-bresilien, Achim Steiner. Les informations de la périphérie vers le centre remontaient mieux à l'époque de la conference de Rio en 1992 que maintenant. C'est un effet de l'entropie.L'information s'est dispersée et elle a perdu en qualité. Ce n'est pas un paradoxe de constater l'amélioration constante du recensement statistique (en américain trackers) face au refus obstiné des états de les mettre en application.

 


 

Popper est difficile àmaîtriser comme un cheval rétif. Ses principes comportent des exclusions de sorte qu'on ne peut pas s'en servir comme modèle. Mais, les phrases qu'il a a la fin de "des problèmes fondamentaux de la connaissance"(Herman éditeur Paris 1999) contre son collègue  de Cambridge et néanmoins compatriote Ludwig Wittgenstein, sonnent justes: "Wittgenstein distingue les états de chose, et les faits. Un état de chose peut exister ou ne pas exister, être le cas ou ne pas etre le cas…..Wittgenstein introduit donc son concept "d'être le cas" de manière qu'il n'offre aucune place aux états de choses universels…...Le Tractatus commence en effet par ces mots "le monde est tout ce qui est le cas"..... L'image du monde du positivisme logique se décompose ainsi en une sorte de mosaïque; ce monde n'est pas composé de choses mais de faits non liés et se trouvant par hasard les uns a coté des autres, a la manière d'une mosaïque."(p324)  Popper a decrit là comment raisonne les conventions entre parties.